Monoprix : du magasin populaire à l’enseigne des citadins branchés

(AFP) – L’enseigne Monoprix, fondée il y a 80 ans sur une image de magasin populaire à bas prix, est aujourd’hui devenue l’enseigne favorite des citadins branchés, en jouant sur la personnalisation de la relation client et l’idée de « créer la surprise au quotidien ».

Monoprix, qui a ouvert son premier magasin à Rouen en 1932, a vu le jour alors que la France se remettait à peine de la crise de 1929. Inspiré du modèle américain des magasins à prix uniques, l’enseigne propose en plein coeur de ville un assortiment de produits de la vie courante dans des gammes de prix abordables. Le succès, fondé sur cette image populaire, est quasi-immédiat.

En 1940, Monoprix compte 63 points de vente, et dès 1947, elle lance ses produits sous sa marque propre. « A partir de 1950, l’idée était d’offrir aux clients un libre-service intégral, en leur proposant tout sous le même toit, un modèle que reprendront les grandes surfaces dix ans plus tard », fait valoir Stéphane Maquaire, directeur général de Monoprix. Mais la naissance des hypermarchés de périphérie porte un coup au développement de la marque, concurrencée sur le segment des prix bas. Elle tente alors de se porter sur le même créneau, en lançant Super M en 1968. Sans grand succès.

« Le concept de magasin populaire sur lequel s’est bâti Monoprix a mal vieilli au regard du développement des hypermarchés. Se retrouvant dans une impasse stratégique, l’enseigne a eu l’intelligence de totalement changer son fusil d’épaule, en abandonnant son positionnement prix bas pour se tourner vers le haut de gamme », analyse Yves Marin, spécialiste de la grande distribution chez Kurt Salmon. C’est ainsi qu’à partir de 1982, Monoprix entame une modernisation de ses magasins « afin de s’adapter aux évolutions du mode de vie de ses clients » et se positionne résolument comme un magasin de centre-ville, avec pour idée maîtresse « d’être le plus en contact avec nos clients », explique M. Maquaire.

Parallèlement, l’enseigne amorce sa montée en gamme, avec le lancement en 1986 de Monoprix Gourmet, suivi au début des années 90 des premiers produits bio. La politique de prix bas est abandonnée au profit du rapport qualité/plaisir/prix.

Défricheur de tendances

« Aujourd’hui, Monoprix est en moyenne 13 % plus cher que la moyenne des grands distributeurs. Mais sa stratégie est de maintenir son indice prix en compensant par de la valeur ajoutée et des services », explique M. Marin. « Nous ne nous situons pas sur la bataille du prix. Ce que nous voulons, c’est créer de la surprise au quotidien », précise M. Maquaire. En conséquence, l’enseigne porte une attention particulière à la décoration, au merchandising, pour faire de ses magasins de véritables lieux de vie. « Il cultivent leur image trendy auprès des citadins CSP + – leur clientèle type – en jouant le rôle de défricheur de tendances, y compris en matière alimentaire, comme par exemple lorsqu’ils ont lancé les smoothies « Innocent » repris partout ensuite », fait remarquer Yves Marin. De la même manière, l’enseigne joue la carte de l’hyper-proximité avec les consommateurs, se comportant ainsi davantage en commerçant qu’en distributeur. D’où son fameux slogan: « On fait quoi pour vous aujourd’hui? ».

Dans cette logique, l’enseigne prévoit de faire passer ses vendeurs de l’autre côté des comptoirs pour tous ses stands de produits frais pour davantage de contact avec la clientèle. Monoprix s’est également clairement positionné sur le multi-format, avec les lancements de Monop’ (2005) et de Daily Monop (2007), enseignes de plus petits dimensions aux horaires d’ouverture élargis. Parmi les projets : le développement des Monop’ Station dans les gares, et le lancement de Monop’ Street, camionnettes ambulantes pour vendre de la petite restauration dans la rue.

Sur le point d’être détenu entièrement par Casino, après l’accord de rachat d’actions avec Galeries Lafayette, Monoprix compte 450 magasins dans 200 villes de France et emploie environ 20 000 personnes. En 2011, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 4,1 Msd€.

Par Delphine Paysant

Bail commercial : Point de départ des intérêts de retard venant en déduction de l’indemnité d’éviction

En cas de non-remise des clés, la pénalité de 1 % sur l’indemnité d’éviction par jour de retard ne court qu’à compter de la décision de justice devenue définitive confirmant le montant de cette indemnité.

Selon les articles L. 145-28 et L. 145-29 du code de commerce, si le preneur qui prétend à une indemnité d’éviction peut se maintenir dans les lieux dans l’attente du paiement des sommes dues, il doit, une fois le versement opéré, remettre les locaux au bailleur.

Cette libération des lieux doit intervenir sous un certain délai à compter du versement de l’indemnité (hier, pour le premier jour du terme d’usage suivant l’expiration du délai de quinzaine à compter du versement de l’indemnité entre les mains du locataire lui-même ou, éventuellement, d’un séquestre et, depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2008-776 de modernisation de l’économie du 4 août 2008, à l’expiration d’un délai de trois mois suivant la date du versement de l’indemnité d’éviction au locataire lui-même ou de la notification à celui-ci du versement de l’indemnité à un séquestre).

En cas de non-restitution des clés à la date fixée (et/ou de remise de locaux non libres de toute occupation, V. Civ. 3e, 4 févr. 1986, Bull. civ. III, n° 2 ; 13 oct. 1999, Bull. civ. III, n° 202), l’article L. 145-30 du code de commerce précise que, après mise en demeure, le séquestre devra retenir, au profit du bailleur, 1 % par jour de retard du montant de l’indemnité.

La question qui se posait dans l’affaire ayant débouché sur l’arrêt rapporté était celle de la date à laquelle cette pénalité va commencer à courir.

Au cas particulier, après avoir séquestré l’indemnité d’éviction arrêtée par un jugement du 5 décembre 2006, assorti de l’exécution provisoire, le propriétaire a, au visa de l’article L. 145-30, mis en demeure le locataire de restituer les lieux au plus tard le 30 juin 2007. Les clés ayant été remises par le preneur le 24 octobre 2008, soit largement plus de cent jours après, le bailleur estimait ne plus rien devoir à son cocontractant.

Il est entendu par les juges du fond (Bordeaux, 22 mars 2010), qui blâment le preneur pour ne pas avoir empêché le jeu de l’article L. 145-30 en ne sollicitant pas l’arrêt de l’exécution provisoire.

Cette sentence est cassée, le juge du droit reprochant au juge bordelais de s’être prononcé en ce sens, tout en constatant que ce n’est que par un arrêt du 7 janvier 2008, devenu définitif, que la cour d’appel a confirmé le montant de l’indemnité d’éviction (V. déjà, à propos d’une consignation de l’indemnité par un jugement assorti de l’exécution provisoire, jugeant que la pénalité de 1 % ne peut commencer à courir tant que n’a pas été fixé, par une décision passée en force de chose jugée, le montant de l’indemnité d’éviction, Civ. 3e, 5 avr. 2006, Bull. civ. III, n° 92).

Et le fait, pour le bailleur, d’avoir mis son cocontractant en demeure de libérer les lieux pour une date erronée lui interdit d’exciper de l’article L. 145-30, alors même qu’il s’est, comme en l’espèce, écoulé plus de cent jours entre la fixation définitive du montant de l’indemnité d’éviction et la libération des locaux (précisant que si la mise en demeure n’est soumise à aucune forme ni à aucun délai, elle doit cependant être suffisamment explicite pour éclairer le locataire sur la consistance de ses droits et obligations, V. Civ. 3e, 19 mars 1997, Bull. civ. III, n° 63).

Qui a dit que « le temps c’est de l’argent……. »

Cour de Cassation, 3ème Cahmbre Civile, 2 octobre 2012 n° 11-17098

source: Gabriel Neu-Janicki –  LaVieImmo.com

Bail commercial : Liste des charges locatives

Le statut des baux commerciaux ne comporte aucune disposition concernant les charges locatives applicables aux preneurs. Un arrêt de la Cour de cassation du 3 octobre 2012, n°11-21108, rappelle que le décret n° 87-713 du 26 août 1987 relatif aux charges récupérables en matière de bail d’habitation ne peut être appliqué à un bail commercial qu’à la condition que les parties soient convenues expressément de s’y soumettre contractuellement. Les parties à un bail commercial peuvent donc tout prévoir, y compris un loyer net de charges ou un forfait charges.

source: Actu LBVS AVOCATS cyrilsabatie@free.fr